Le métissage n’est pas une couleur de peau

3 femmes des différentes carnations de face

Définition et analyse sociologique du terme

Le métissage, quand il concerne des individus, désigne un croisement ou un mélange entre différents groupes ethniques. Ainsi, il est important de dissocier la notion de métissage avec une couleur de peau.

En effet, de nos jours, ce terme est souvent utilisé pour désigner des personnes dont la carnation se rapproche le plus d’un teint basané et dont certains traits rappellent des origines ethniques racisées (forme du nez ou des yeux, taux de mélanine…). Ainsi, on observe un certain amalgame et un mauvais usage de ce terme, qui lorsqu’il est employé comme tel, exclut les personnes métissées dont la description physique ne correspond pas à cette étiquette. Une image de l’individu métis prédomine alors:

  • un teint relativement clair mais chaud (basané, hâlé, …)
  • des cheveux bouclés ou ondulés
  • des traits de visage relativement fins

Sont alors associés des perceptions ethniques avec un terme qui relève d’une désignation identitaire d’un mélange entre deux ou plusieurs ethnies. Avec cette image du « métis type », on renforce l’idée et la présence des préjugés raciaux et ethniques au sein des communautés racisées. Ainsi, certaines personnes métisses ne sont pas considérées comme telles en raison de leur apparence physique parce qu’elles:

  • seraient « trop foncées »/ »trop noires »/ »trop pâles »
  • auraient des cheveux « trop crépus »/ »trop foncés »
  • auraient des lèvres « trop grosse »
  • auraient des yeux « pas assez bridés »

On retrouve ici de nombreux stéréotypes qui se renforcent avec cette idée du « métis type » qu’il faudrait déconstruire en utilisant davantage la notion de métissage pour désigner toutes les personnes concernées par cette appellation quelle que soit leur apparence.

Le poids des mots dans les constructions mentales: métissage et texture de cheveux

Le métissage n’est pas non plus une texture (ou une couleur) de cheveux. En effet avec cette étiquette du « métis de base », certains se refusent d’admettre qu’un personne dont la texture de cheveux se révèlerait être « trop épaisse » ou « trop crépue » pourrait être métisse. Des termes apparaissent donc pouvant avoir une connotation ressentie comme étant dégradante pour les personnes qu’ils désignent dont « hrach« . En dajira, ce terme signifie sec et/ou rugueux (en darija). Il désigne de manière péjorative les cheveux nord-africains de nature frisée, bouclée ou encore crépue. Résultat d’un symbole d’oppression par les peuples d’occident, ce terme a presque qu’une valeur colonisatrice dans les représentations mentales de la valeur de l’identité de l’opprimé qui fait l’objet de ces caractéristiques physiques. S’est alors développé le mouvement « HRACH IS BEAUTIFUL » qui décolonise ce schéma mental et déconstruit ces préjugés.

On observe alors ici le poids des mots dans les constructions identitaires et dans les images mentales de certains concepts.

Identification et théorisation de l’origine de l’amalgame

Mais où se situe ce blocage qu’il y a à étendre ce terme à une plus grande population?

Il pourrait provenir du fait que le métissage n’est PAS VISIBLE. Il n’est pas identifiable au premier regard. En effet, au delà du fait que le modèle type véhiculé ne représente pas la totalité de la diversité du métissage, ce modèle peut correspondre au physique de personnes n’ayant aucun métissage. On peut alors ici faire référence aux personnes d’origines méditerranéennes notamment originaires d’Afrique du nord dont les traits peuvent potentiellement correspondre à cette image véhiculée ou encore aux personnes originaires d’Amérique du sud (ces exemples n’excluant en aucun cas d’autres régions du monde). Il peut alors être déplacé dans certains cas de demander l’origine de quelqu’un ou alors intrusif pour certaines personnes qui ne voient pas la pertinence d’une telle interrogation.

L’origine de cet amalgame pourrait alors résider dans un regard eurocentré ou plus largement occidental du terme (englobant aussi un ensemble d’individus constituant notre société moderne actuelle qui auraient grandit avec ce schéma mental du métissage). En effet, on pourrait penser que si ce terme fait davantage référence à une mixité entre les peuples caucasiens et noirs, c’est parce qu’historiquement, la colonisation a redéfinit le cosmopolitisme en Occident et a rendu les pays qui le compose progressivement davantage multiculturels. Ainsi, vu que les premières populations immigrantes et les premiers métissages observés (physiquement) désignaient des individus dont le métissage était issu d’une union caucasienne + noire, un imaginaire collectif s’est construit autour de cette image. Dans cette construction mentale, une personne d’origine camerounaise-ivoirienne ne sera pas considérée comme étant « autant » métisse qu’une personne d’origine italo-togolaise. Ceci n’est qu’une théorie mais peut expliquer l’évolution du terme dans sa désignation dans le monde réel.

Fétichisme et négrophilie

Autour de cette étiquette se construit s’est alors construit un certain fétichisme traduisant un attrait malsain pour les personnes « métisses » dont l’apparence correspondrait à l’amalgame que l’on a décrit. Ainsi, en découle une certaine négrophilie qui se définit par une attirance pour les personnes de la communauté noire pour leur attributs physiques (souvent basés sur des stéréotypes) et dont le mécanisme s’articule dans une logique de discrimination positive. En ce sens, un négrophile se dirigera vers une personne noire juste pour ses attributs et/ou pour avoir un enfant métisse. Un culte se développe alors et l’enfant métisse se place ici comme une tendance, un trophée à exhiber au travers d’une mode. Ce comportement est néfaste et dégradant pour la communauté noire et peut soutenir le colorisme. Car si nous pouvons observer ce culte de l’enfant métis chez les négrophiles, nous pouvons aussi en être témoin au sein même de la communauté noire qui cherche à procréer avec des blancs pour avoir un enfant métis. Cet effet de mode est malsain et toxique.

En ce sens, il est pertinent et important d’éduquer son entourage ou de corriger toute personne qui ferait un amalgame entre la notion de métissage et une apparence physique afin de faire évoluer petit à petit les mœurs et de rendre ce terme aux communautés qu’il désigne. N’hésitez pas dans cette même optique à partager cet article s’il peut servir de complément d’informations.


AND DON’T FORGET TO EMBRACE YOUR PERFECT IMPERFECTIONS!


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