Procrastination et engagements personnels

femme avachie sur une table, la tête posée sur son bras

Définition

La procrastination se définit par une tendance à tout remettre à plus tard. Ainsi chaque tâche devient ajournée et vue comme un fardeau. Cela se traduit par une difficulté à entamer une tâche notamment lorsque celle-ci ne procure pas de satisfaction immédiate. Cette tendance peut être causée par un sentiment de surmenage ou de burn-out ou bien tout simplement par une euphorie intense. Elle peut alors influer sur le domaine professionnel comme sur la vie personnelle (tâches ménagères, administratives, …) ou encore sur votre affect. Elle devient un réel handicap voire un cercle vicieux car chaque tâche s’accumule au fur et à mesure qu’elle est reportée. La procrastination engendre souvent de la culpabilité au regard du retard qui en résulte ou du sentiment de manque de productivité.

Les causes

Mais quelles sont ses causes?

  • la peur de la critique: Un complexe d’infériorité ou des insécurités face au jugement extérieur et au regard des autres peuvent grandement jouer sur le fait de reporter une mission dont les résultats seront redoutés. (ex: « Qu’est ce que les autres vont penser de moi? » ; « Certains font mieux que moi et ont plus de talents ou d’expérience » ; « On va me juger« )
  • la peur de l’échec: Elle réside dans la crainte de ne pas faire assez bien, de ne pas se satisfaire ni atteindre ses objectifs. (ex: « Je n’y arriverai pas, je ne suis pas à la hauteur. » ; « Je ne suis pas assez qualifié(e). » ; « Mes collègues/pairs/concurrents sont plus forts/intelligents que moi. »)
  • le manque de motivation: En effet, ne pas apprécier la tâche dans laquelle on s’engage peut fortement influer sur la procrastination. La perception qu’on aura d’une tâche, notamment son utilité, peut accroître sur sa pénibilité et donc engendrer la procrastination. (
  • un manque de concentration: La dissipation est un critère . Elle peut aussi être causée par des troubles de l’attention tels que le TDAH (Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité)
  • un manque d’organisation/ une mauvaise gestion du temps: Le fait d’avoir une mauvaise gestion des priorités et du temps ou tout simplement de mal évaluer ses durées peut influer sur la manière dont on aborde une tâche. Ainsi, si on fait face à une tâche relativement long avec une deadline assez courte, le sentiment de panique peut se faire sentir et on redoutera le fait d’aborder cette tâche par exemple (ou on l’abordera dans la précipitation). Dans un cas contraire, on peut ne pas avoir de deadline et ne pas savoir quand et comment s’y mettre, de pas savoir comment aborder une tâche. Ainsi, elle est constamment remise au lendemain sans pour autant voir le jour. Cela peut notamment faire référence à des projets entrepreneuriaux ou encore artistiques.
  • des habitudes liées à la sédentarité: Cela influe notamment pour tout effort de nature physique où le corps verra l’acte comme quelque chose d’insurmontable car il n’est pas habitué à un tel rythme.

Ceux-ci peuvent alors engendrer chez l’individu qui en fait l’objet de l’anxiété, de la déprime, un sentiment de déception, d’échec ou de culpabilité ou bien encore de la dépression dans les cas les plus graves. Donc bien que la procrastination soit naturelle et humaine, il est important de ne pas la prendre à la légère. Chaque cause n’intervient pas forcément pour chaque individu, la liste n’a donc rien d’universel. Néanmoins afin de combattre la procrastination, il est important d’identifier celle qui se présente à nous comme un obstacle pour en prendre conscience et mieux l’aborder et la contrer par la suite.

Comment y remédier?

  • établir des objectifs à court-terme avec des deadlines prédéfinies: Cela permet de mieux visualiser dans l’espace et le temps les missions que l’on a à accomplir. Cela peut notamment passer par l’usage de to-do lists ou encore de bullet journal. Ceci s’applique autant pour les tâches du quotidien que pour celles d’ordre professionnel. Il est aussi recommander der rayer chaque tâche réalisée progressivement afin d’avoir une vision du chemin parcouru, ce qui peut être relativement motivant.
  • s’accorder des moments de pauses: Il faut savoir être indulgent avec soi-même. Il est tout à fait normal de ne pas être constamment productif et il est même vitale d’accorder à notre corps et notre esprit des pauses pour de pas sombrer dans le surmenage. Il faut donc s’aérer l’esprit avec des activités manuelles et créatives, des siestes, des ballades, du self-care -prendre soin de soi avec des masques, des massages, …), ou encore avec la TV ou les plateforme de streaming (Netflix, Disney+, OCS, Amazone Prime, …). Il ne faut pas culpabiliser de prendre ses pauses et se déconnecter des tâches qui nous attendent (désactiver les notifications par exemple ou prévenir son entourage tout simplement pour ne pas avoir de charge mentale supplémentaire)
  • aborder la tâche comme un défi: Aborder une mission de manière ludique peut en aider à se dépasser et se motiver. Certains se fixent alors eux-mêmes des deadlines ou des contraintes afin de pouvoir en apprendre plus sur eux-mêmes et leur capacités.
  • Avoir un espace de travail dédié avec un environnement propice tout en anticipant les éléments perturbateurs et distrayants: Il faut aussi savoir se « discipliner » et s’imposer un cadre de travail favorable à la concentration et à la productivité. On peut alors penser au cadre du télétravail notamment
  • « Le mieux est l’ennemi du bien« : Cet aphorisme Voltérien nous apprend qu’à force d’être en constante quête de ce qu’il y a de meilleur, on passe à côté de ce que l’on a déjà de bien. Ainsi, il est important de ne pas avoir une crainte constante de l’échec ou d’être en quête de minutie et d’un idéal souvent irréaliste pour se contenter ce qu’il y a déjà de bien.
  • Consulter un professionnel (thérapeute, …) : La communication et des encouragements extérieurs (qu’ils viennent d’un professionnel ou de notre entourage) peuvent nettement booster notre estime de nous et notre motivation à aborder un projet ou une mission.
  • Ne pas chercher constamment l’approbation des autres pour se lancer dans un projet
  • Se rappeler quels sont nos objectifs afin de donner plus de sens à une tâche et accroître la motivation à atteindre ses buts.

Mon expérience

A force d’être à la poursuite du perfectionnisme, on ne se donne même plus le droit d’échouer, de bafouer, de raturer, de tomber, d’écorcher aux yeux de tous. Avec moi, chaque brouillon devait être beau. Chaque rature devait être poétique, chaque échec lyrique. Par crainte du jugement, peur de l’erreur, doute quant à la pertinence de ma tentative, mes projets rédactionnels ne voyaient pas le jour, tus sous une ombre d’incertitude et de remises en question.

Je pense que combattre la procrastination c’est aussi être honnête avec soi-même, être conscient de ses propres limites physiques et mentales pour ne pas sombrer dans le surmenage et le burn-out.

J’en ai pris conscience quand je voyais le processus d’avancement de mes propres projets éditoriaux. A force de tout remettre à plus tard à la quête d’un certain idéal et par peur d’une critique trop sévère, rien ne voyait finalement le jour. Tout était remis à un lendemain qui n’arrivait jamais car à mesure que mon projet se développait, mes idées évoluaient, mes goûts se maturaient et les retouches se multipliaient. Tout était à faire pour hier ou au mois précédent. Le doute est finalement un des plus grand obstacle qui s’est imposé à moi. Puis le brouillon a prit vie et chanta son éclosion:

Un soir d’hiver, je me maquille. Mon pinceau caresse ma peau et voilà que celle-ci brille. J’estompe les lignes, je floute les bords. J’efface ce qui bave, pour ne pas avoir un grimage butor.


Soudain, mon pinceau glisse car de dos l’on m’empoigne. Je sens deux mains se serrer, je sens une hargne. Mon dos se voûte, je me recroqueville, courbé en arabesque comme étouffé dans une coquille. Autour de moi, tout est flou, tout n’est que gribouillis alors je tends à me déployer pour éclore et m’émanciper de cette asphyxie. Etranglé par la souffrance, je crie des bruits sourds. Epoumoné et opprimé dans la détresse, je gémis des appels au secours. Mes tracés s’effacent, mes courbes se ternissent et ainsi fripée devient ma peau qui était lisse. Mes articulations deviennent ivres et ma belle calligraphie devient écriture cursive. Mes logogrammes se plissent et ainsi je sombre rejoignant d’autres esquisses dans le dédain de l’ombre.

Me voilà, manuscrit froissé, feuille chiffonnée, dépourvue d’expression sans aucune chance de me dévoiler.


Soudain, recueilli dans mon cratère, aussi précieux qu’un phylactère, tantôt dans l’esprit de mon géniteur, tantôt délaissé à terre. J’étais jetée à l’abandon, dans une corbeille de brouillons. On me rattrape à la volée et j’évolue à la manière d’une nymphose de papillon. Mes signes se recomposent, mes rébus deviennent prose. Telle une larve ou une fleur, je me métamorphose. Rien ne se crée, rien ne se perd, je me transforme. Ainsi en livres, articles, chroniques, poèmes et nouvelles je prends ma vraie forme.

Oryana.C

AND DON’T YOU FORGET TO EMBRACE YOUR PERFECT IMPERFECTIONS!


Suivez nous sur nos réseaux!

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :